Cheyletus = acarien prédateur des acariens des poussières. Il est aussi allergisant

Petit poisson d’argent = Lépisme = un insecte sans aile mesurant entre 12 et 25 mm et dont le corps est recouvert d’écailles argentées. Il se nourrit de petits déchets de matières organiques (débris de papier, aliments,…) et d’acariens. Il affectionne les milieux poussiéreux et humides. Il est capable de survivre sans nourriture pendant plus d’un an

Pseudoscorpion = c’est un arachnide mesurant entre 2 et 8 mm de long, ressemblant. à un scorpion sans queue. C’est un animal utile et inoffensif, un prédateur d’acariens, d’araignées et d’insectes. Il est relativement commun dans nos maisons et ne représente aucun danger (sauf si vous êtes une araignée)

Exuvies = enveloppe (cuticule ou peau) laissées après la mue

Mue = chez les arthropodes, la mue est un renouvellement périodique de la cuticule, lors du processus de croissance

Osmose = le mouvement de l’eau d’une solution peu concentrée vers une solution très concentrée, à travers une membrane semi- perméable (comme la cuticule des acariens)

Une solution hygroscopique = une solution qui capte et retient l’eau

Glandes supracoxales = glandes au-dessus du coxa c-à-d le premier segment de la patte qui s’articule avec le corps


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Les acariens des poussières, causes d’allergies

Certains acariens sont responsables d'allergies respiratoires chez l'homme et l’animal Les acariens des poussières sont cosmopolites : ils logent dans les matelas, les moquettes, les tentures. Ils appartiennent à la famille des Dermatophagoides (principalement Dermatophagoides farinae et Dermatophagoides pteronyssinus). Dans une maison exempte d’acariens, ils s’installent partout en quelques mois. Ils se nourrissent des déchets de peaux mortes produits par les humains et les animaux ainsi que de champignons microscopiques (Aspergillus). Ils ont quelques prédateurs dans la maison, comme les petits poissons d’argent, les pseudoscorpions, et d’autres acariens prédateurs (Cheyletus). Qu’on le veuille ou non, ils vivent parmi nous et font partie de notre environnement depuis fort longtemps. Ces acariens ne piquent pas et ne mordent pas, ils ne sont pas dangereux pour 90% de la population. Si vous n’êtes pas allergiques aux acariens, oubliez-les.


Malheureusement, les excréments et les exuvies (peaux laissées après la mue) produits par ces animaux se disséminent dans l’air; ces fines particules pénètrent dans les poumons et, chez les personnes hypersensibilisées, elles peuvent déclencher des réactions asthmatiques, des rhinites (rhumes) ou des dermatites (eczéma). Il est impossible d’éliminer totalement tous les acariens des poussières mais, si vous êtes allergiques, il vous faut diminuer le nombre d’acariens, cela suffit très souvent pour éviter les symptômes.


Dans nos maisons et particulièrement dans nos matelas, il n’y pas de rivière, de pluie, de rosée, de source d’eau directement accessible aux acariens. Les acariens, comme tous les animaux terrestres, ont besoin d’eau pour éliminer leurs déchets (fèces, transpiration, excrétion) et lors de la production d’œufs. Comment parviennent-ils à s’en procurer ? Les acariens trouvent l’eau nécessaire à leur survie dans l’humidité de l’air : lorsque l’humidité de la chambre est élevée, les molécules d’eau de l’atmosphère se condensent sur la cuticule de l’animal et sur les autres objets de la chambre (buée). Quand l’acarien est déshydraté, l’hémolymphe de l’acarien se concentre en sels minéraux. Cela provoque la diffusion par osmose des molécules d’eau condensées sur la cuticule. Outre ce surprenant procédé d’hydratation, leur glande supracoxale est capable de capter activement de la vapeur d’eau dans l’atmosphère domestique. Cette glande sécrète un liquide hygroscopique qui s’écoule le long d’une gouttière creusée dans la cuticule et s’ouvrant dans la bouche. L’animal avale ce liquide enrichi en molécule d’eau et s’hydrate.


Les acariens des poussières préfèrent vivre dans nos matelas, près de leur source d’humidité favorite : nous! En effet, lorsque nous dormons, nous perdons à peu près un litre par notre respiration et notre transpiration. À l’intérieur de nos habitations, le matelas, l’habitat privilégié des acariens, est sujet à de très fortes fluctuations quotidiennes de température et d’humidité directement corrélées à la présence d’un dormeur. Dans nos matelas, les acariens sont donc soumis à un cycle journalier oscillant d’une période de 8h à 25C° et 75HR à une période de 16h à 15C° et 50HR. La nuit, les acariens migrent vers nous (jamais sur nous, nous sommes trop chauds pour eux) pour absorber l’humidité de notre respiration et transpiration. Lorsque nous nous levons, les acariens se réfugient dans les replis des draps et dans les profondeurs du matelas, ce qui rend leur éradication difficile.


Quoi que nous fassions, les acariens font partie de notre environnement et ils le resteront. Leur mode de vie (œufs et nymphes extrêmement résistants aux conditions défavorables) et leur importante capacité reproductrice en font de redoutables envahisseurs dont l’élimination totale est illusoire. Par contre, il est possible de réduire leur nombre jusqu’à un seuil où ils ne déclencheront plus de réactions d’allergies.



Allergies et recommendations

Pourquoi les acariens provoquent-ils des allergies ?

Ils se nourrissent de pellicules, animales et humaines, et de moisissures. L’allergène principal se trouve dans les déjections des acariens, en suspension dans l'air ambiant. En entrant en contact avec la peau et la muqueuse respiratoire ils provoquent des réactions allergiques telles qu'un rhume chronique, l'asthme bronchique et l'eczéma atopique. Les acariens ne transmettent pas de maladies contagieuses.


Comment évolue le nombre d’allergies aux acariens ?

Ces vingt dernières années, la quantité d’allergènes provenant des acariens des poussières a fortement augmenté, particulièrement dans les pays industrialisés. Aujourd'hui, dix à vingt pourcents de la population mondiale sont hypersensibilisés, ce chiffre est en augmentation constante à travers le monde (Harrison 1999, Hirsch et al 2000). L’origine de cette aggravation croissante est complexe : différents facteurs tels l’augmentation de l’humidité relative, le confinement des animaux familiers, l’utilisation des carpettes et tapis, l’isolation thermique de l’habitat liée aux économies d’énergie et les systèmes de chauffage sont mis en cause (Crowther et al 2000). La température des habitations a augmenté avec l’apparition du chauffage central. Le taux d’humidité a augmenté suite à nos nouvelles habitudes hygiéniques : nous nous lavons plus souvent. Les douches et les bains sont des dispositifs pourvoyeurs d’une grande quantité d’humidité. L’isolation thermique des maisons ayant été renforcée, la ventilation n’évacue plus cette humidité supplémentaire. Tous ces éléments favorisent la prolifération des micro-arachnides. L’augmentation du risque d’hypersensibilisations causées par la présence excessive d’allergènes d’acariens n’est directement associée à l’isolation des habitations mais plutôt à une mauvais mise en œuvre de cette isolation engendrant des problèmes d’humidité au niveau des parois ainsi que à un manque de ventilation gardant l’humidité produite par les habitants à l’intérieur (douches, cuisine, respiration) (Crowther et al 2000). L’hypersensibilisation aux acariens est dépendante du degré d’urbanisation des zones testées. Des analyses de la répartition géographique de l’asthme montrent que sa prévalence est plus élevée en zone urbaine que dans les régions rurales (Waite et al 1980, Van Niekerk et al 1979, Keeley et al 1991). Une de ces études réalisée en Belgique, attribue cette différence dans la distribution de l’asthme principalement aux acariens domestiques (Wieringa et al. 1997, 1998). Il est possible que le milieu urbain, plus humide, plus chaud et moins ventilé, favorise le développement de ces nuisibles.


Allergies aux acariens : Que faire ?

Eradiquer les acariens ?

Il est impossible d’éradiquer complètement les acariens. Mais en cas d’allergie, il fau diminuer leur nombre en dessus du seuil déclencheur d’allergies. Une concentration de 100 acariens par gramme de poussière (=2g de Derp1/g) peut déclencher des réactions d’hypersensibilisation. A partir de 500 acariens par gramme de poussière (=10g de Derp1/g), il y a un risque majeur d’asthme aigu chez les personnes sensibles (Dreborg 1998, Dembo & Goldstein 1980). L’éviction allergénique représente donc la première étape du traitement des individus hypersensibilisés, elle peut faire disparaître l’ensemble des signes cliniques (Mezei et al 1994, Percodani et al 2002).


Comment diminuer le nombre d’acariens ?

De nombreuses études ont été menées afin de contrôler les acariens domestiques. Les deux objectifs à atteindre sont d’entraver le développement des acariens et de diminuer la quantité d’allergènes produits.


Entraver le développement des populations d’acariens par la mise en place de conditions défavorables aux acariens.

Pour obtenir un résultat efficace, il faut abaisser l’humidité relative en dessous de 50%. En été, cette mesure nécessite un conditionnement d’air et des déshumidificateurs constamment efficaces dans toute l’habitation. Attention, une baisse de l’humidité dessèche les muqueuses respiratoires et les fragilise. Cette mesure convient peu aux individus asthmatiques et aux personnes hypersensibles car elle aggrave d’autres symptômes respiratoires. L’augmentation de la ventilation des habitations diminue le taux d’humidité et, conséquemment, diminue le taux d’acarien dans des climats continentaux. Cette mesure n‘est pas toujours efficace dans les pays tempérés humides tels le notre. Avant d’aérer, il convient de vérifier que le taux d’humidité de l’air à l’extérieur est bas (indications données par les météorologistes).


Diminuer la quantité d’allergènes dans l’habitat par le nettoyage.

Les acariens morts et leurs déjections sont très légers, ils s'échappent des sacs d’aspirateurs pour s'éparpiller dans l'air ambiant. Pour les éliminer, il faut donc utiliser des aspirateurs avec des sacs équipés de filtres adéquats (HEPA). Quand aux acariens vivants, leurs pattes à ventouse les arriment solidement à la surface sur laquelle ils vivent, leur élimination nécessite donc un aspirateur industriel plus puissant que la moyenne, un aspirateur d’usage domestique normal n'emportant que 27% des acariens présents. En conséquence, sans matériel adéquat, les habitations (et particulièrement les chambres) doivent préférablement être nettoyées à l’eau. Pour éliminer efficacement les allergènes de la literie, celle-ci doit être lavée à 90°C. Cette technique est efficace si elle est réitérée très fréquemment.


Les housse anti-acariens
Les housses empêchent les migrations quotidiennes des acariens vers leur abri (les profondeurs du matelas). Ces housses sont une technique efficace, simple d’emploi, et utilisable à long terme. Leurs inconvénients :
➢ Un coût élevé pour un produit de bonne qualité : Beaucoup de housses de mauvaise qualité sont inutiles car leur tissu est trop lâche pour servir de barrière aux allergènes et aux acariens. Les housses de bonne sont relativement coûteuses (90 euros pour un lit à une place) Il faut acheter une housse pour l’oreiller, une pour le matelas et une pour la couette c.à.d. un total de 250 euros pour un lit de deux personnes.
➢ Elles sont parfois désagréables à l’emploi. Certaines housses sont constituées de matériau organique et inorganique (coton + Polyester + polyuréthane) qui accumule la transpiration et occasionne un bruit dérangeant à chaque mouvement du dormeur.
➢ Leur efficacité est très variable: L’efficacité de cette technique est liée à la qualité du produit qui est très variable selon les fournisseurs. Une étude de l’efficacité réalisée par tests-achats montre que, en dehors du produit de Stallergène, les housses présentent une qualité moyenne à médiocre, voire pire. Un grand nombre de house disponible sur le marché sont inefficaces car les tissus tissés trop lâchement permettent le passage des acariens. Des sociétés de vente par correspondance proposent également de housses très peu chères mais totalement inefficace car ne couvrant l’entièreté du matelas.
➢ Distribution : Les housses efficaces sont en vente principalement en pharmacies ou par correspondance
➢ Présence de toxique : Certaines housses sont recouvertes d’acaricides.

Pour lutter contre ces acariens nuisibles, les biocides domestiques sont encore fréquemment utilisés. Toutefois, ces molécules sont efficaces à court terme (développement de résistance) et font l’objet de suspicion de la part des cancérologues (ARTAC, Appel de Paris 2005). Elles ne peuvent être conseillées pour un usage régulier.
La protection individuelle la plus recommandée consiste en des mesures prophylactiques, telle l’éviction des allergènes par le remplacement des vieilles literies, les modifications de températures et d’humidité de l’habitat et un nettoyage énergique et fréquent des habitations. Les housses de matelas sont également recommandées mais l’utilisateur doit être très attentif à la qualité du produit.


Allegies aux acariens : ce qu’il ne faut pas faire ?

Les allergiques aux acariens sont de plus nombreux et représentent un marché intéressant. D’ou le développement de produits parfois inutiles et dangereux. Beaucoup de site consacrés aux acariens sont en réalité des sites commerciaux, leurs conseils ne sont pas toujours avisés.

Les animaux
Un de ces conseils fréquemment données est d’éviter les animaux domestiques. Nous pensons que ce conseil est erroné. Il est vrai que les chiens, chats et autres animaux produisent des allergènes. Mais éviter totalement les animaux n’est pas recommandé. En effet, il a été montré que des enfants vivant en milieu rural, en compagnie d’animaux, ont beaucoup moins de chance de développer des allergies.

Produits dont l’efficacité n’a pas été prouvée
Les épurateurs d'air ont démontré leur efficacité pour les particules en suspension dans l'air (pollens, allergènes de chat) et pour autant qu'ils disposent de filtres adéquats. Leur efficacité en ce qui concerne les allergènes d'acariens n’est pas prouvée. Les générateurs d’ozone n’ont pas fait leur preuve.

Les acaricides
Les principaux biocides anti-acariens peuvent être répartis en trois catégories selon que les leur substances actives visent à détruire directement les acariens (les pyréthroïdes de synthèse, principalement de la pyrméthrine, benzoate de benzyle), à éliminer les moisissures (natamycine) ou à dénaturer les allergènes (acide tannique). D’après la littérature, ils sont simples d’application, efficaces et peu toxiques. Toutefois, ces biocides présentent plusieurs inconvénients. Parmi ceux-ci:
➢ La difficulté d’atteindre les acariens au sein de leur biotope (au milieu du matelas).
➢ La sensibilité des malades allergiques vis-à-vis des substances irritantes présentes dans certains acaricides (acide tannique, par exemple). De plus, une revue bibliographique montre que :
➢ Les études toxicologiques réalisées sont généralement effectuées sur de courtes périodes, sans mesurer l’incidence de l’accumulation de ces biocides sur les organismes humains. Or, ces biocides sont présents en continu dans notre environnement (tapis, housse, matelas et oreiller anti-acaricides).
➢ Les résultats des études toxicologiques sont hautement dépendants de la méthodologie suivie et plus particulièrement des concentrations utilisées lors des tests de laboratoire. Dans la pratique, un contrôle des procédures appliquées lors des imprégnations de textiles par des biocides est difficile. Les labels anti-acariens sont parfois des pièges commerciaux.
➢ L’efficacité des traitements est actuellement remise en question. Selon les auteurs, les traitements des tapis par les antiacariens (benzoate de benzyle + acide tannique) sont utiles ou inutiles. D’après les auteurs favorables à ce type de traitement, l’élimination chimique des acariens a diminué les signes cliniques d’allergies. D’après les auteurs défavorables à ces traitements, la faible réduction d’allergènes obtenue par l’application des biocides est insuffisante pour améliorer le bénéfice clinique de façon intéressante soit dans le traitement des patients allergiques aux acariens ou soit dans la prévention.
➢ La durée de vie des biocides anti-acariens dépend de la fréquence des nettoyages.
➢ Il a été constaté que les acariens deviennent résistants aux biocides en 4-5 ans, il est donc nécessaire de constamment développer de nouvelles recherches pour découvrir de nouveaux biocides mais la nécessité d’introduire des complexes chimiques eux-mêmes non allergisant réduit le champ d’investigation.

Les études toxicologiques et l’efficacité des biocides est donc actuellement remise en question. Les biocides font partie des matières suspectées d’être responsables de l’augmentation des cancers constatée récemment. D’après maintes études, la diminution de ce type de molécules exogènes dans notre environnement est nécessaire et urgente.
  • Dermatophagoides pteronyssinus
    (Photo: L. De Vos)
  • Female of Dermatophagoides pteronyssinus (Photo: W. Dermauw)
  • Male of Dermatophagoides pteronyssinus (Photo: W. Dermauw)